PHOTOGRAPHIE

Trente-cinq ans passés au service du cinéma, on pourrait s’imaginer que cela ait influencé ma façon de photographier. En fait si ce métier a été une passion je n’ai jamais eu aucun intérêt pour la technique de l’image animée. Il n’y a, à mon avis, aucun rapport entre la photo et la prise de vue cinématographique . Je ne les mets pas en concurrence , ce sont simplement deux mondes différents. Et j’appartiens à celui de l’image fixe. Définitivement.

Lorsque je découvre un sujet, la première chose qui me vient à l’esprit c’ est de me demander comment par le biais de mon boîtier je vais pouvoir capturer l’essence même de ce que je vois pour la donner à partager. J’imagine que j’ai toujours rêvé savoir écrire pour relater ce qui me touchait. La photo en a été le vecteur. il m’a fallu faire mes gammes pendant des années, elle m’ont permis de développer mon regard et ma façon d’appréhender les choses, durant toute cette période d’apprentissage obtenir une très belle photo au cours d’une séance tenait autant du hasard que de la chance. Aujourd’hui mon boîtier est devenu stylo et lorsque le sujet m’inspire je m’en vais écrire une histoire. Je suis passé de l’argentique au numérique avec bonheur.

Depuis le début j’ai toujours privilégié la qualité optique avant le reste. Je suis conscient que le boîtier n’est qu’une interface mécanique mais j’y suis néanmoins physiquement attaché. J’aime l’avoir en main et coller mon oeil au viseur m’est indispensable pour m’ isoler du reste de la scène. Victime collatérale des tournages j’ai toujours fondamentalement détesté le flash et pour être honnête je n’ai jamais compris comment cela fonctionnait. Je ne photographie qu’en lumière ambiante  ,accepte et retranscris les zones d’ombres.

J’ai appris avec le temps à épurer mon matériel pour ne garder que l’essentiel : un boîtier, des focales fixes et un pied. Quelle est la photo que je rêve de faire ? Celle que je ferai demain probablement. Un fantasme concernant le matériel : que disparaisse toute fonction vidéo de mon appareil photo et ne subsiste que le mode manuel. L’arrivée du numérique a été une révolution fabuleuse mais en partie gâchée par l’avalanche de gadgets techniques qui a déboulé en même temps.  La rencontre avec un objet ou un thème vont me suggérer une photo mais peuvent aussi m’entraîner vers la sculpture.

De la photo à la sculpture

Le coffre en est un parfait exemple. La découverte de ce coffre-fort éventré m’a permis des prises de vues inattendues. Mais je ne suis pas résolu à laisser cet objet disparaître dans la végétation.

J ai tout de suite vu une infinité de possibilités de sculptures. Abstraction faite du poids bien entendu mais cela n’est qu’un détail technique. 

Un jour, j’ai photographié une serrure près d’une maison brûlée. Ce n’est pas une pièce de métal rouillé que j’avais devant mon objectif mais l’histoire de ce qui s’était passé bien des années avant ou tout du moins ce que j’en imaginais.

Lors d’une exposition, une petite fille qui regardait la photo a dit à sa maman « c’est un livre ! » je ne sais pas comment elle avait vu cela, mais c’est l’idée que je voulais transmettre en photographiant cet objet.

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